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D’après les conclusions de l’étude sur la charge des maladies 2010, les principaux problèmes de santé et de bien-être dans l’ensemble des Etats européens membres de l’OMS sont liés à l’alimentation. Pour les individus, la communauté et les pouvoirs publics, les coûts sociaux, économiques et financiers de la malnutrition sont phénoménaux.

L’Europe se nourrit mal

Surpoids, obésité, dénutrition, carence en micronutriments et pathologies liées à une alimentation peu équilibrée font aujourd’hui parties des principales causes d’invalidité et de mortalité au sein de la population européenne. Et des 6 zones sous l’influence de l’OMS, l’Europe est celle où les maladies non transmissibles provoquées par la mauvaise alimentation constituent la cause n°1 de décès.

Le diabète, le cancer, les pathologies cardiaques et respiratoires représentent environ 77% du niveau total de morbidité ainsi que 86% des cas de morts prématurées.

Aussi étonnant que cela puisse paraître les cas carence en nutriments sont assez fréquents malgré le modèle d’abondance et de surconsommation dans lequel évolue la région européenne. En plus du niveau élevé de surpoids et d’obésité, certaines zones d’Europe sont particulièrement exposées à ce problème.

 

Aujourd’hui la nutrition présente un défi de taille et un problème pressant de santé publique. Selon Philippe Roux, chef de l’unité C4 de la DG SANCO il suffit simplement de jeter un coup d’oeil à la silhouette des européens pour se rendre compte de l’ampleur de l’épidémie. Les chiffres sont plutôt inquiétants. L’étude, ESTEBAN 2014-2016, fait état en France de 54% d’hommes et 44% de femmes en situation de surcharge pondérale et d’obésité. La situation est encore plus inquiétante sous d’autres cieux. Certains rapports font état de 70% de la population adulte. L’observatoire mondial de la santé de l’OMS indique que le surpoids et l’obésité seraient responsables d’environ 320.000 cas de décès dans une vingtaine de pays de la région occidentale d’Europe. La situation n’est pas meilleure à l’Est non plus où les cas de surpoids et d’obésité ont été multipliés par plus de trois.

Surcharge pondérale chez les enfants

Les jeunes et les enfants ne sont pas en reste. Les récentes données (2015-2017) de l’Initiative de surveillance de l’obésité chez l’enfant (COSI) de l’OMS montrent que les pays d’Europe du Sud ont le taux d’obésité infantile le plus élevé. En France la prévalence est 17% de surcharge pondérale dont 4% d’obésité chez les 6 à 17 ans. À Chypre, en Grèce, en Italie, à Malte, à Saint-Marin et en Espagne, environ un garçon sur cinq (entre 18% et 21%) est obèse. Le Danemark, l’Irlande, la Lettonie et la Norvège sont parmi les pays où les taux sont les plus bas, allant de 5% à 9%, quel que soit le sexe.

 

Malgré le taux élevé de surpoids et d’obésité dans les pays du sud de l’Europe, plusieurs d’entre eux ont connu une diminution. A la publication des résultats des données lors du Congrès Européen sur l’obésité à Vienne, en Autriche, le Dr João Breda, chef du Bureau Européen de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles de l’OMS, à Moscou, en Fédération de Russie, a constaté des progrès dans les pays à prévalence la plus élevée. Dans des pays comme l’Italie, le Portugal, l’Espagne et la Grèce, bien que les taux soient élevés, il y a eu une baisse importante, qui est imputable aux efforts très importants que ces pays ont déployés ces dernières années pour lutter contre l’obésité chez les enfants.

 

L’Union Européenne engagée contre le surpoids et l’obésité

Dans l’état actuel des choses la problématique de la malnutrition risque d’impacter encore plus durement l’espérance de vie en Europe.

Les citoyens ne s’y trompent pas et comment perdre du poids rapidement et sainement ? est devenu une question récurrente pour nombre d’entre eux.Il existe désormais un très large consensus sur l’idée que la Communauté devrait apporter sa contribution en collaborant avec différentes parties prenantes au niveau national, régional. A ce propos le parlement européen a adopté une résolution intitulée “Promouvoir une alimentation saine et l’activité physique: une dimension européenne pour la prévention de la surcharge pondérale, de l’obésité et des maladies chroniques“. L’objectif affiché était d’explorer les voies et moyens susceptibles de réduire les risques associés à la mauvaise alimentation et l’insuffisance d’activité physique en raison du style de vie européen.

 

Au cours des dernières années, la plupart des actions dans le domaine de la prévention de l’obésité ont été spontanées et unilatérales. Cela a souvent privé d’autres partenaires potentiels de l’opportunité de participer, diminuant ainsi la valeur ajoutée réelle de telles initiatives. La nécessité de créer un processus unique systématique et transparent a été reconnue, notamment en ce qui concerne la mise en place d’un cadre d’action unique au sein de l’union. En substance la mesure vise à :

 

  • mettre en application un ensemble de mesures parmi lesquelles le Food Labelling, le Health and Nutrition Claims dans le but d’améliorer la nutrition et de prévenir le surpoids et l’obésité
  • Encourager des partenariats plus orientés vers l’action à travers l’UE, impliquant les principales parties prenantes travaillant dans le domaine de la nutrition: le secteur privé, les États membres, la Commission européenne et l’OMS
  • sensibiliser les parties prenantes concernées à tous les niveaux, notamment l’industrie alimentaire, la société civile et les médias, en appelant à des programmes généralisés de reformulation des aliments et à une publicité responsable.

 

Pour décourager les habitudes alimentaires malsaines et limiter la consommation d’aliments gras par la population, atténuant ainsi «l’épidémie» d’obésité, un nombre croissant de pays industrialisés envisagent de prélever des taxes sur les aliments malsains. La «taxe sur les graisses» peut être définie comme une taxe ou un supplément imposé aux aliments particulièrement gras ou à certaines boissons dans le but de réduire la consommation d’aliments liée à l’obésité.

 

Cette idée n’est pas entièrement nouvelle. Certains théoriciens, à commencer par Arthur Pigou, économiste anglais du XXe siècle, ont longtemps présenté les arguments en faveur de l’imposition de taxes spéciales sur les biens et services dont les prix ne reflètent pas le coût social réel de leur consommation. Les taxes sur les cigarettes, l’alcool, le jeu et les émissions environnementales sont des exemples de taxes pigouviennes.

L’idée d’un autre impôt de ce type, l’impôt sur les graisses, fait de plus en plus écho au sein de l’Union européenne. Le 1er octobre 2011, le Danemark a introduit une taxe sur les aliments en ciblant les produits riches en graisses saturées. Cette loi danoise confirme ainsi une tendance déjà bien avancée dans plusieurs États membres de l’UE.

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